Débutée en 2013 sur PS3 et PS Vita, la série Trails of Cold Steel s’est imposée comme l’une des principales licences du J-RPG des années 2010. Après que les deux premiers opus aient connus des portages et remasters sur PS4, PC et Switch, c’est au tour de Trails of Cold Steel 3 et Trails of Cold Steel 4 de débarquer enfin sur PS5 dans une compilation proposant de (re)vivre la fin de l’histoire de Rean Schwarzer et de ses compagnons.

Ce test de Trails of Cold Steel III / Trails of Cold Steel IV a été réalisé sur une version fournie par l’éditeur.

Se déroulant un an et demi après les événements de Trails of Cold Steel II, qui avaient vu la fin de la guerre civile qui secouait l’Empire d’Erebonia, Trails of Cold Steel III s’inscrivait à l’époque comme une suite, évidemment, mais également comme un nouveau départ permettant aux nouveaux venus de prendre le train en marche sans encore trop de problème. Le jeu introduisait en effet de nouveaux personnages et de nouveaux lieux, tout en faisant revenir des visages familiers et en approfondissant l’univers de la série. Ayant désormais abandonné sa tenue d’élève pour adopter celle d’instructeur à la nouvelle branche de l’Académie militaire de Thors, Rean Schwarzer s’était vu confier la formation de la Classe VII, un groupe d’étudiants aux origines et aux personnalités diverses avec qui il devra – surprise – faire face aux tensions politiques et militaires qui menacent la paix fragile de l’empire.

Se déroulant tout juste deux semaines après l’épilogue haletant de Trails of Cold Steel III, Trails of Cold Steel IV concluait quant à lui l’arc des Trails of Cold Steel, débuté en 2013, mais pas le grand ensemble scénaristique des Trails (Kiseki en japonais) ayant lui débuté avec Trails in the Sky en 2004. Une conclusion épique et spectaculaire permettant d’incarner pas moins de 40 personnages issus des différentes séries de la franchise Trails, véritable source de fan-service aux fans de longue date. Mais difficile d’aborder la question du scénario sans tomber dans le spoiler pour ceux n’ayant pas touché au troisième épisode.

Bénéficiant (sans surprise) d’une durée de vie plus que conséquente, cette compilation offre entre 150 à 200h de jeu selon que vous soyez du genre à expédier vos J-RPG en ligne droite ou plutôt à vous perdre au fil des quêtes annexes. Un temps de jeu qui pourra paraitre toutefois long pour certains, Trails of Cold Steel III et Trails of Cold Steel IV étant des jeux très verbeux et pas toujours pour raconter des choses incroyables durant ses phases de vie scolaire. Un travers qui fait que les deux titres souffrent de baisses de régimes régulières, notamment dans les passages uniquement textuels où, tels un visual-novel, on peut passer de (très) longues minutes sans avoir à toucher le moindre bouton. Heureusement, le système de combat, toujours aussi jouissif à manœuvrer, permet de contrebalancer cette sensation en apportant une bonne dose de dynamisme.

Nihon Falcom oblige, le budget serré à disposition n’a jamais permis à la série des Trails de briller techniquement mais a toujours réussi à compenser par sa direction artistique. Sept ans après sa sortie initiale et une génération de consoles plus tard, c’est dans une version quasiment identique que les deux jeux font leur apparition sur PlayStation 5. Hormis un poil de finesse en plus et des temps de chargement réduits, les deux jeux sont globalement inchangés et gardent cet aspect de jeu PS4 de début de génération. On ne s’attendait certes pas à une expérience transcendant les jeux d’origines, et puis de toute façon les amoureux de Nihon Falcom ne sont pas là pour ça, mais heureusement que les deux jeux ont été réunis sur une même galette afin de compenser le manque d’ajouts.

Pour la même raison, on comprend aisément que Trails of Cold Steel IV n’a pas gagné de sous-titres en français à l’occasion de cette compilation, le budget nécessaire à le localiser étant potentiellement excessif en comparaison aux ventes attendues. Mais être sur la même galette que le III qui lui propose des dialogues intégralement en français la met quand même un peu mal en comparaison. Honnêtement, ce genre de titre se passerait bien de voix anglaises afin de réorienter le budget vers une localisation des sous-titres, le public cible étant généralement beaucoup plus intéressé par les voix originales en japonaises.