Quasiment deux ans après la sortie du premier Kiwami au Japon, Yakuza est de retour avec cette fois le remaster de son deuxième épisode. Mais cette fois, exit le moteur légèrement vieillissant de Yakuza 0 remontant à 2015. Yakuza Kiwami 2 tourne désormais sur le Dragon Engine, le nouveau moteur crée à l’occasion de Yakuza 6 sorti l’année dernière sur l’archipel, et sublime le jeu d’origine datant déjà de 2006.

Ce test import de Yakuza Kiwami 2 a été réalisé sur une version achetée dans le commerce au fond d’une ruelle brumeuse de Kabukichô.

yakuza kiwami 2La vie est un éternel recommencement. Voilà en substance ce que doit se dire Kazuma Kiryu alors que commence à peine Yakuza Kiwami 2, remaster du deuxième Yakuza sorti en son temps sur Playstation 2. Et encore, il ne se doutait pas à l’époque qu’il sera bon pour quatre autre aventures dont le dénouement prendra place 12 ans plus tard dans Yakuza 6. Une petite année après avoir réglé ses problèmes à l’issue de sa sortie de prison, voilà donc notre héros embarqué dans un sombre conflit entre les organisations criminelles de Tokyo et d’Osaka suite à l’assassinat du nouveau leader son ancien clan. Désigné pour calmer les tensions entre le nord et le sud du Japon et éviter une guerre qui pourrait devenir sanglante, voilà donc notre ex-mafieux au grand cœur parti pour le Kansai sans se douter des liens assez troubles entre cette affaire, la pègre d’Asie continentale et son propre passé.

Toujours plus loin, plus fort, plus vite

Après quelques pas dans le sulfureux Kamurochô, nous voilà donc lâché dans un Osaka tout aussi minuscule que magnifique. Comparés au quartier de Tokyo, Sōtenbori et Shinseicho paraissent quand même bien petits avec leurs poignées d’artères dans lesquelles il est possible de déambuler. Mais qu’importe finalement, on ne joue pas à un Yakuza pour se perdre dans des environnements qui se perdent à l’horizon et la moitié du jeu se passe tout de même à Tokyo. Si le premier Kiwami proposait déjà une remise à jour graphique particulièrement réussie, le Dragon Engine, initié à l’occasion de Yakuza 6 sorti au Japon l’année dernière, sublime totalement le jeu et le rend vivant comme jamais. Que ce soit au niveau des visages, des animations, des détails, tout est mieux. Le moteur n’est jamais pris en défaut et aucun ralentissement n’a été relevé durant la trentaine d’heure qu’il aura fallu pour boucler le jeu. Tout au plus pourra-t-on souligner quelques effets cheaps, tel ces panneaux qui explosent littéralement quand vous foncez dedans au lieu de tomber par terre.

yakuza kiwami 2 osakaTu vas droit au cœur de l’action

Bien qu’ayant abandonné la vie de mafieux, Kazuma Kiryu n’a pourtant pas appris pour autant à résoudre les problèmes avec autre chose que des coups de savate dans la mâchoire. Mais alors que Yakuza Kiwami et Yakuza 0 permettaient de choisir entre quatre styles de combat à adapter en fonction des ennemis rencontrés, Yakuza Kiwami 2 rétropédalle méchamment en supprimant purement et simplement cette possibilité, reprenant ce retour en arrière initié par Yakuza 6. Un comble, alors que cette innovation permettait de mettre un peu de piment dans des combats pouvant devenir monotones une fois l’effet « whaou » des Heat Action passé. Ces dernières ont également pour effet pervers de cheater quelques peu les combats en raison des dégâts assez démesurés qu’elles peuvent engendrer et il suffit d’avoir assez d’items en réserve pour remplir sa jauge au maximum afin de les enchaîner quasiment coup sur coup. Et si vous avez des armes sur vous, même le plus valeureux des boss ne vous survivra pas bien longtemps. Clairement, la difficulté a été clairement revue à la baisse dans ce Yakuza Kiwami 2.

yakuza kiwami 2 combat

Dans l’effort, tu es si belle

Encore plus riche dans ses à côtés que celui du premier Kiwami, on aime à se perdre dans ce monde fantasmé où les voyous vous attendent à chaque coin de rue et où il est possible de faire une partie de golf alors que le quartier est sur le point d’exploser. On ne compte plus les mini-jeux disponibles (dont … uriner !) et les mini-quêtes toujours plus improbables les unes que les autres, tandis qu’il est enfin possible de s’adonner à Virtua Fighter 2 et Virtual-On en salle d’arcade. Mais la générosité de Sega ne s’arrête pas là avec la présence de deux jeux de plus longue haleine dans chacune des deux villes. A Tokyo, tout d’abord, avec un jeu centré sur Majima visant à défendre la construction d’une tour des attaques ennemies. Assez anecdotique, on ne s’attardera pas trop longtemps dessus hormis à l’occasion du passage imposé par la trame scénaristique. A l’inverse, le jeu de gestion de bar à hôtesses à Osaka pourra rapidement devenir un gouffre à temps pour qui révérait de devenir le Kabakura n°1 du Japon. Recrutement des hôtesses, gestion du maquillage et des tenues, créer sa dream-team en fonction des compétences de chacune et gérer le service des clients, ce jeu s’avère rapidement addictif et rend pour le coup terriblement fade la version « côté client » du premier épisode. Et si il vous reste encore un peu de temps libre, vous pourrez toujours vous plonger dans le chapitre bonus consacré à Majima qui fait habilement le lien avec le début de jeu et un certain Yakuza 0. De quoi assurer une durée de vie conséquente et faire patienter jusqu’à la sortie de Yakuza 6 dans nos contrées le 20 mars prochain.

Yakuza Kiwami 2 prouve une nouvelle fois que les remasters ont du bon quand ils sont traités avec autant de soin. On pourra certes être déçu de voir une régression dans le système de combat en reprenant la simplification opérée par Yakuza 6, mais tout est tellement plus beau, plus complet, plus fou, que l’on ferme les yeux dessus tels les policiers face aux agissements de Kiryû en pleine ville.