Le dernier opus de l’emblématique série de JRPG signée Nihon Falcom, The Legend of Heroes: Trails through Daybreak, inaugure un nouvel arc narratif situé dans la République de Calvard. Après la conclusion de l’arc précédent avec Trails into Reverie, ce jeu se distingue par un ton plus sombre et des thèmes adultes, tout en restant accessible aux nouveaux joueurs et gratifiant pour les vétérans de la série.
Ce test de The Legend of Heroes: Trails through Daybreak a été réalisé sur une version PS5 fournie par l’éditeur.
La série des Trails, malgré des ensembles scénaristiques distincts centrés sur un groupe de protagonistes et une région particulière, s’inscrit dans un grand univers commun avec des épisodes interconnectés. Dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui, il n’est pas indispensable d’avoir joué aux jeux précédents pour apprécier The Legend of Heroes: Trails through Daybreak à sa juste valeur. Conçu pour être accessible aux nouveaux joueurs tout en offrant des références et des récompenses pour les fans de longue date, le jeu introduit un nouveau protagoniste et une nouvelle histoire, permettant aux nouveaux venus de plonger directement dans l’aventure sans se sentir perdus. Cependant, une connaissance des arcs précédents peut évidemment enrichir l’expérience, certains personnages et événements des jeux antérieurs étant mentionnés ou ayant un impact sur l’intrigue.
L’histoire de Trails through Daybreak se déroule dans la République de Calvard en l’an 1208, environ un an et demi après les événements de Trails into Reverie. Le protagoniste principal, Van Arkride, est un “Spriggan”, une sorte de mercenaire polyvalent acceptant des missions variées allant de la détection privée à la protection rapprochée. Contrairement aux héros précédents de la série, Van n’est pas un idéaliste pur et dur, mais un personnage plus nuancé, prêt à naviguer dans les zones grises de la moralité pour accomplir ses missions. L’histoire débute lorsque Van est contacté par Agnès Claudel, une étudiante qui lui demande de retrouver un artefact familial disparu. Ce qui semble être une mission simple se transforme rapidement en une aventure complexe, impliquant des intrigues politiques, des organisations criminelles et des secrets ésotériques.
Comparé aux précédents jeux de la série, Trails through Daybreak se distingue par son approche plus mature et ses thèmes contemporains. Alors que les jeux précédents, comme la trilogie Trails of Cold Steel, se concentraient sur des conflits militaires et des intrigues politiques, Daybreak explore des sujets plus personnels et sociaux. Le casting de Trails through Daybreak est plus restreint que dans les jeux précédents, permettant un développement plus approfondi de chaque personnage. Chaque personnage a sa propre histoire et ses motivations, et leurs interactions ajoutent une richesse narrative au jeu. Les relations entre les personnages évoluent au fil de l’aventure, créant un sentiment de camaraderie et d’attachement pour les joueurs.
Le système de combat de Trails through Daybreak est une évolution des mécaniques traditionnelles de la série. Il combine des éléments de combat au tour par tour avec des actions en temps réel, offrant une expérience dynamique et stratégique. Les personnages disposent de compétences uniques et de capacités spéciales et la gestion des ressources et des positions sur le champ de bataille est cruciale pour réussir. Le jeu propose également des éléments de personnalisation et de progression des personnages, permettant aux joueurs de développer leurs héros selon leur style de jeu.
Trails through Daybreak offre une durée de vie conséquente avec une bonne cinquantaine d’heures nécessaires pour compléter l’histoire principale. Les quêtes secondaires sont nombreuses et variées, allant de simples missions de collecte à des intrigues secondaires complexes qui enrichissent l’univers du jeu. Pour les joueurs désireux de boucler le jeu à 100%, comptez facilement le double de temps.
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Malgré ses grandes qualités, la série des Trails est depuis longtemps à la traîne sur le plan graphique. Ou plus précisément technique, car la direction artistique générale permet de faire oublier l’archaïsme de la mécanique. Le tant attendu changement de moteur saute aux yeux dès le lancement du jeu. Le monde semble plus vivant, le frame rate est plus stable, et même un début d’éclairage dynamique semble faire son apparition. Hélas, tout n’est pas parfait, et The Legend of Heroes: Trails through Daybreak continue d’accuser un retard flagrant face à ses compères du JRPG sortis récemment. Les animations des personnages restent rigides et la mise en scène demeure statique, malgré quelques efforts sur ce plan. Pour le dire simplement, la bascule de génération a enfin été faite, mais on a l’impression d’être enfin passé sur PS4. Mais est-ce vraiment sur ce point que les fans de Nihon Falcom attendent le jeu ?
Du côté de l’habillage sonore, Falcom Sound Team jdk continue de déployer tout son talent. Les comédiens de doublage japonais ne sont pas en reste et donnent vie, avec brio, à la myriade de personnages dépeints en jeu. En revanche, la saga n’a toujours pas renoué avec la localisation française depuis The Legend of Heroes: Trails of Cold Steel III. Dommage, mais compréhensible quand on connaît les coûts de traduction et la niche de joueurs prête à acheter le jeu.
The Legend of Heroes: Trails through Daybreak
Excellent
The Legend of Heroes: Trails through Daybreak réussit à trouver un équilibre satisfaisant pour amoureux de la série et nouveaux venus en offrant une expérience rafraîchissante tout en restant fidèle à ses racines. Bénéficiant comme toujours d’une durée de vie très solide, ce onzième opus marque le début d’un nouvel arc dans la République de Calvard, avec une écriture plus mature et un univers toujours aussi riche. Les efforts de Nihon Falcom pour rendre le gameplay plus dynamique et accessible sont notables, bien que quelques imperfections subsistent.