Alors que le monde entier avait les yeux rivés sur Dragon Ball FighterZ et (dans une moindre mesure) The Seven Deadly Sins, Bandai Namco sortait dans le même temps Gintama Rumble au Japon ainsi que dans quelques pays d’Asie. Mais si croiser l’univers crée par Hideaki Sorachi et un gameplay à la Dynasty Warriors pouvait être une bonne idée sur le papier, le résultat s’avère loin des attentes que l’on a pu poser en lui.

On va être honnête, on y avait cru à ce Gintama Rumble. Vraiment. L’idée de parcourir tous les arcs de la série dans un Dynasty Warriors-like avait de quoi emballer et les différents trailers laissaient espérer au moins un jeu honnête pour les fans de la série. Parce que bon, on retrouve tout de même derrière Bandai Namco, l’éditeur qui a réussi à pondre le même mois Dragon Ball FighterZ, aka la meilleure adaptation d’un manga en jeu vidéo. Manque de chance, le résultat est bien loin des espérances et arrive même à bâcler son fan-service. Un comble.

gintama rumble gintokiGintama en roman-photo

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le fan est une personne aussi exigeante que tolérante. Exigeante car il ne laissera passer aucun travers concernant le respect de l’oeuvre et de son univers, mais également tolérante, car prête à fermer les yeux sur un gameplay parfois bancale si le tout est enrobé d’un délicieux fan-service. Concernant ce second point, le désenchantement arrive quelques secondes à peine après avoir lancé le mode Story, largement mis en avant dans les vidéo de promotions et permettant de revivre chacun des arcs majeurs de la série.

Alors que l’on s’attend à des cinématiques nous faisant revivre les moments les plus excitants de Gintama afin de se mettre dans l’ambiance avant de se lancer dans des combats épiques, on se retrouve finalement face à une narration faite exclusivement d’une simple succession de plans fixes dignes d’un visual novel bon marché. Pas une seule séquence vidéo, qu’elle soit tirée de l’anime ou réalisée avec le moteur du jeu. Rien. Nada. Un choix d’autant plus incompréhensible que le studio derrière l’anime Gintama est …. Bandai Namco Pictures. Ces séquences narratives étant pour le coup particulièrement longues, et donc fatalement incroyablement ennuyeuses, on se résout la mort dans l’âme à les zapper pour se concentrer uniquement sur les combats. Sachant que ceux-ci sont par la suite disponible dans le mode « Free Battle », on fonce à fond les ballons sur l’autoroute du zapping histoire de boucler le mode Histoire le plus vite possible, lui faisant perdre finalement tout son intérêt.

Autre ombre au tableau, ne comptez pas retrouver les musiques originales de l’anime sans payer le prix fort. Il vous faudra en effet acquérir une « AV Edition » au tarif rondement gonflé pour avoir le privilège de se battre avec la bande à Gintoki sur fond de Shûra ou Donten et de bénéficier également de quelques DLC sans grand intérêt. Une technique également adoptée dans Dragon Ball FighterZ et qui se justifie sûrement pour une question de droit d’auteur mais qui condamne ceux ne souhaitant pas passer à la caisse à se coltiner des musiques totalement insipides en guise de fond sonore. Bref, hormis le fait de se retrouver dans l’univers de Gintama (la base, tout de même) et la présence des doubleurs d’origine, ce n’est pas vraiment pour son fan-service que l’on va se procurer Gintama Rumble.

Dynasty Warriors au rabais

Se présentant sous la forme d’un Dynasty Warriors-like, Gintama Rumble arrive toutefois à être un minimum plaisant manette en main grâce à son gameplay bien pêchu à base de coup faible/fort/spécial. Une jauge de furie permettant de lancer une attaque dévastatrice une fois remplie est également de la partie et s’avère – pour le coup – sympathiquement mise en scène. Un des rares moments où le jeu semble se rappeler comment toucher le petit cœur des fans de Gintama.

Simple à prendre en main, une bonne chose en soi, le jeu vire malgré tout rapidement au simpliste une fois que l’on se met à débloquer de nouvelles techniques. A quoi bon se casser le crane quand laisser le bouton « carré » appuyé permet d’avancer tout en envoyant en l’air tout ce qui se présente devant soi ? Les différents personnages se jouant peu ou prou de la même façon, le jeu se résume au final à effectuer en continu les même combinaisons sans que l’enrobage graphique n’aide à faire passer plus facilement la pilule. Car malgré des arènes ridiculement petites, les décors de Gintama Rumble ne sont vraiment pas au niveau de ce que l’on est en droit d’attendre en 2018 pour un jeu du genre et arrivent à être à la fois simplistes et manquant cruellement de vie.

gintama rumble gameplay

D’une fadeur sans nom, les missions se limitent simplement à dégommer tout ce qui se présente devant vous avec comme seul autre challenge additionnel que des objectifs attribués en début de mission (le plus souvent un nombre d’ennemis à éliminer) permettant d’obtenir un surcroît de points d’expérience, et in fine d’accroître les caractéristiques de vos personnages. N’espérez pas de bases à défendre vous obligeant à naviguer d’un bout de la map à l’autre la boule au ventre. De toute façon, elles sont trop petites pour ça. Tout est finalement terriblement linéaire et on se contente de se rendre où le jeu souhaitenous emmener en suivant les indications présentes sur la carte.

gintama rumble personnalisationCeux ayant malgré tout accroché au jeu pourront revivre chacune des missions dans le mode « Free Battle », cette fois sans aucune restriction de personnage induite par le scénario. Un mode où il est possible de customiser son personnage avec des costumes chèrement achetés grâce à l’argent obtenu au fil de vos missions. Libre à vous de vous faire un petit plaisir en revivant les derniers arcs de la série avec un Gintoki époque Jouishishi.  Mais la plupart des joueurs aura probablement déjà lâché le jeu avant de pouvoir en profiter.

Quelle déception. On ne s’attendait pas forcément au jeu de l’année mais Gintama Rumble réussi la triste performance d’avoir un gameplay creux et d’être d’une avarice incompréhensible concernant son fan-service. Alors oui, le jeu n’est pas si déplaisant que ça manette en main. Mais on sent clairement le jeu sous-traité à bas coût pour arrondir les comptes en cette fin d’année fiscale. Gintama méritait bien mieux alors que la série va prochainement tirer sa révérence.