Nouvelle série de Negi Haruba, joue la carte de la parodie en détournant les codes du tokusatsu, et plus spécifiquement de sa variante du super sentai, genre notamment connu chez nous pour Bioman et sa déclinaison américaine, Power Rangers.


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Les cinq Dragon Keepers et leur escadron sont la seule ligne de défense de l’humanité contre l’armée maléfique qui tente de conquérir le monde ! Du moins, c’est ce qui est dit à la télévision. En réalité, cela fait douze ans que les envahisseurs ont capitulé face aux justiciers de la Terre. Ces troupiers sans chefs ne sont désormais plus que des faire-valoir condamnés à enchaîner les défaites devant les caméras, tels des pantins indignes du titre de “méchants” ! Pourtant, après la 1000e défaite des pseudo-envahisseurs, un des troupiers va jouer les éléments perturbateurs. Il brave les interdits et infiltre le grand escadron, décidé à anéantir de l’intérieur les imposteurs que sont les Dragon Keepers !

No Longer Rangers est édité chez Pika Edition et est vendu au prix de 7,20€.

Critique réalisée à partir d’un exemplaire fourni par l’éditeur.


Tout juste un an après la fin de The Quintessential Quintuplets, Negi Haruba lançait en février 2021 son tout nouveau manga dans les pages du Weekly Shōnen Magazine. Après 14 tomes de comédie romantique teintée de fan-service, l’auteur a changé radicalement de registre en faisant le choix du shônen façon « super sentai », ces séries de super-héros en combinaisons moulantes qui ont connues leur heure de gloire en Occident dans les années 90 avec Bioman puis sa variation américaine, Power Rangers. Pour autant, bien que l’on retrouve une menace extra-terrestre, une équipe de cinq super-héros colorés prêt à protéger la terre, ou encore des combats aux poses surjouées, n’imaginez pas trouver en No Longer Rangers un classique du genre. Bien au contraire.

Si No Longer Rangers reprend tous les codes du genre, c’est pour mieux les détourner dans un style parodique fortement tourné sur la dérision et l’humour plutôt sombre. Là où les défenseurs de la justice représentent d’habitude le camp du bien, ils apparaissent ici comme des personnages cyniques, cherchant uniquement la gloire en perpétuant un simulacre de conflit contre les envahisseurs. Soit bien loin des valeurs d’amitié, de fraternité ou encore de courage d’habitude véhiculées par les héros de ces séries. De l’autre côté, les troupiers, équivalent des soldats de base dans l’armée extraterrestre, sont totalement désabusés de la situation et essaient tant bien que mal de jouer le jeu en participant à ces combats organisés à l’issue jouée d’avance.

Très drôle, sans pour autant tomber dans le burlesque, le récit est également prenant avec son intrigue remplie de rebondissements. Du début à la fin, ce premier tome est parsemé de petits twists scénaristiques qui rendant la lecture fortement plaisante et difficile même d’imaginer ce que nous réserve le prochain volume tant les dernières pages remettent en causes certaines choses que l’on pensait acquises. Bien que parodiant le genre, No Longer Rangers n’est ainsi pas un titre burlesque mais un titre certes humoristique mais porté par une véritable histoire. On a vraiment hâte d’en découvrir la suite.

No Longer Rangers tome 1
No Longer Rangers
Note des lecteurs0 Note0
Les plus
Un récit à contre-pied des sentai classiques
De nombreux rebondissements
Le ton humoristique
Les moins
De rares passages un peu confus à suivre
8
Excellent
En deux mots
Après The Quintessential Quintuplets, changement de registre pour Negi Haruba qui s'attaque cette fois au "super sentai". Mais loin de nous offrir un titre tout ce qu'il y a de plus classique, le mangaka a fait le choix du récit parodique en déconstruisant totalement l'image de ceux considérés généralement comme les héros. Un titre très drôle et à l'intrigue prenante qui plaira même à ceux hermétique au genre.