Publié par les éditions Kana, La vie d’Otama nous ouvre les portes d’un récit fascinant, celui d’Otama Kiyohara, pionnière de la peinture japonaise à l’occidentale.


Inspirée de la vie de Otama Kiyohara (1861~1939), Keiko Ichiguchi nous fait découvrir une histoire qui n’est pas sans rappeler son propre parcours entre deux mondes lointains : le Japon et l’Italie. Première femme peintre japonaise de style occidental et la première femme japonaise à avoir posé comme modèle pour un artiste occidental, Otama a vécu la « Belle Époque » à Palerme vers la fin du 19ème siècle. Puis, complètement oubliée par les Japonais pendant plus de 50 ans, Otama rentre au Japon en 1933 à l’âge de 73 ans. Son pays natal a bien changé. Nous sommes au début février 1936, un coup d’Etat se prépare…

La vie d’Otama est édité chez Kana et est vendu au prix de 15,50€.

Critique réalisée à partir d’un exemplaire fourni par l’éditeur.


Otama Kiyohara, née en 1861 et décédée en 1939, a marqué l’histoire par son audace et son avant-gardisme. Keiko Ichiguchi, auteure et artiste partageant sa vie entre le Japon et l’Italie, s’inspire de la vie d’Otama pour créer un manga émouvant et riche en enseignements. Le talent d’Andrea Accardi, qui illustre l’ouvrage, nous plonge dans l’atmosphère de la “Belle Époque” à Palerme, où Otama a évolué en tant qu’artiste et modèle. Oubliée durant des décennies, elle retourne au Japon en 1933 et y découvre un pays à la veille de grands bouleversements.

Au fil des pages, les lecteurs sont invités à explorer non seulement l’œuvre d’Otama, mais aussi sa force de caractère et son identité profonde. Le récit de son voyage entre le Japon et l’Italie est captivant, traité avec sensibilité et une touche personnelle, abordant des thèmes tels que l’exil et les tensions politiques. Mais La vie d’Otama n’est pas seulement le biopic d’une artiste avant-gardiste qui a franchi les barrières culturelles à une époque où le Japon sortait à peine de son isolement de plusieurs siècles, c’est aussi le reflet d’une époque charnière où le Japon s’ouvrait au monde tout en cherchant à préserver son identité culturelle. Ode à la mémoire, à l’art et à la dualité des cultures, le manga est également une fenêtre sur une époque de transformation pour l’archipel, offrant une perspective unique sur la condition féminine dans l’art et la société de l’époque.

Bien que bref, le récit dégage une grande sensibilité et la représentation de la vie d’Otama est convaincante, Keiko Ichiguchi se distinguant par sa capacité à narrer des histoires personnelles avec subtilité et délicatesse. La narration est mesurée et les illustrations, réalistes et détaillées, renforcent la véracité du récit. La lecture dans le sens occidental rend l’œuvre accessible à un public plus large.

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La vie d'Otama
8/10

Excellent

Vibrant hommage à une artiste qui a transcendé les frontières et est devenue une source d’inspiration interculturelle, La vie d’Otama est une lecture essentielle pour ceux qui s’intéressent à l’histoire, à l’art et aux récits humains chargés d’émotion. Un titre qui trouve pleinement sa place dans la collection « Made in » de Kana, dédiée entre autre aux récits authentiques.