La célèbre série de RPG de chez Atlus pose ses valises sur smartphones avec Shin Megami Tensei Liberation Dx2, un free-to-play qui saura faire patienter les fans en attendant la sortie du cinquième opus sur console.

Ce test Shin Megami Tensei Liberation Dx2 a été réalisé sur une version Android (Asus Zenfone Max 4) fournie en accès anticipé par l’éditeur.

Alors que tout le monde attend avec impatience des nouvelles de Shin Megami Tensei V, bien silencieux depuis son officialisation en octobre dernier, la célèbre série de J-RPG est de retour sous forme de free-to-play pour smartphone (iOS et Android) répondant au nom de Shin Megami Tensei Liberation Dx2. Développé pour la première fois par Sega Networks en lieu et place d’Atlus, le jeu reprend les bases de la saga et les amateurs de la série seront immédiatement en terrain connu avec une myriade de monstres à recruter, à fusionner et à faire s’affronter à l’aide d’un système de combat au tour par tour où la clé du succès réside dans la faculté à exploiter les faiblesses de l’adversaire. Free-to-play oblige, une multitude d’achats in-app sont bien évidemment au programme histoire de nourrir tant bien que mal ceux qui ont œuvré pour que le jeu voit le jour.

Shin Megami Tensei Liberation Dx2Shin Megami Tenpeut plus du blabla

Vous voilà donc dans la peau d’un Demon Downloader, également appelé DX2, c’est à dire une personne capable d’invoquer des démons grâce … à une application smartphone. Rapidement repéré par les « Liberators », vous voilà plongé dans une guerre des gangs contre les « Acolytes », autre groupé doté de cette capacité d’invocation et dont les intentions sont loin d’être des plus amicales. Pourtant signé Makoto Fukami, un auteur essentiellement connu pour son travail sur Psycho-Pass et Biohazard: Vendetta, le scénario de Shin Megami Tensei Liberation Dx2 n’est clairement pas l’attrait principal du jeu et on aura vite fait de zapper sans retenue les interminables et trop fréquents dialogues passé les premiers chapitres.

Avec son premier chapitre en guise de tutoriel géant, le premier contact avec Shin Megami Tensei Liberation Dx2 pourra s’avérer rapidement pénible avec sa montagne d’explications pour chaque action ou chaque concept introduit. Entre les affrontements téléguidés et les pavés de textes qui défilent à chaque clic sur un icone ou un menu, l’entrée en matière pourra refroidir les néophytes des free-to-play tant le jeu s’en trouve haché et manquant cruellement de liberté d’action. Il faut ainsi attendre le second chapitre, soit tout de même l’équivalent d’une grosse heure de jeu, pour que les choses sérieuses commencent enfin et qu’il soit possible de profiter à sa juste valeur de ce que Shin Megami Tensei Liberation Dx2 a de mieux à proposer : ses combats.

Shin Megami Tensei Liberation Dx2 combatsAttrape-moi si tu paies

Reprenant le système des « MegaTen », toute la subtilité des combats réside dans l’équipe de monstres que vous allez mettre sur pied et de leur affinité avec six éléments (feu, glace, foudre, etc…) qui seront autant de forces que de faiblesses au moment d’entrer sur le champ de bataille. Inconnues au début du combat, les vulnérabilités des monstres seront révélés une fois les attaques lancées et la clé du succès résidera dans l’aptitude de découvrir rapidement les points faibles de l’adversaire pour l’attaquer avec le sort adéquat, avec à la clé un tour d’action supplémentaire en cadeau. Un système simple mais diablement efficace et apportant une bonne dose de stratégie aux combats et dans la préparation de votre équipe de monstres. Histoire de ne pas tout reprendre de zéro à chaque combat, les forces et faiblesses de chaque type de monstres resteront visibles lors des prochains affrontements si vous en possédez un exemplaire dans votre collection.

Deux possibilités s’offrent à vous pour récupérer de nouveaux compagnons. S’il est possible de faire main basse sur certains monstres durant les combats, à condition de s’attirer leurs faveurs en répondant correctement à leurs questions, le système de gacha est bien évidemment la voie royale pour en acquérir, à condition toutefois de posséder les matériaux requis en nombre suffisant. Obtenus au gré des combats, ces matériaux seront également indispensables pour pimper vos protégés, que ce soit par une augmentation classique de compétences ou par une fusion de plusieurs démons. Malheureusement, ceux-ci sont récoltés à doses homéopathiques et les moins patients pourront être rapidement tentés de passer par la case « argent réel » pour obtenir une équipe qui tienne la route une fois passés les premiers chapitres. Shin Megami Tensei Liberation Dx2 ne manque d’ailleurs pas de vous rappeler qu’il est possible de se délester de plusieurs euros à coup de pop-up intempestives prenant la totalité de l’écran. Alors oui, il est possible de profiter plutôt convenablement du jeu sans débourser le moindre centime pour qui est prêt à faire des concessions dans le rythme de sa progression. Mais un free-to-play bien calibré se doit de réussir faire passer le joueur à la caisse sans que celui-ci n’ait l’impression d’y être contraint, et encore moins d’y être lourdement invité.

Tout en 3D, Shin Megami Tensei Liberation Dx2 saura flatter la rétine à condition de posséder un smartphone un minimum puissant, notre Asus Zenfone Max 4 de 2017 n’ayant permis d’afficher le jeu que dans sa plus basse qualité graphique, avec en prime quelques ralentissements durant les affrontements. Pour rester dans l’enrobage du titre, l’interface s’avère également assez brouillonne et souffre d’un manque d’ergonomie flagrant quand il s’agit de comparer les caractéristiques des monstres, ce qui se révèle rapidement handicapant pour monter son équipe en fonction des caractéristiques de l’adversaire.

Reprenant fidèlement les codes de la série des MegaTen, Shin Megami Tensei Liberation Dx2 pourra charmer les amateurs de la licence notamment grâce à son système de combats aussi stratégique que plaisant à jouer. Mais pour cela, il faudra passer outre des séquences de blabla aussi intéressantes que nombreuses et ne pas avoir lâché le jeu trop tôt en raison d’une entrée en matière bien trop poussive. Mais comme cela ne coûte rien d’y jouer, même si le jeu nous fait bien comprendre que ça serait bien d’allonger un peu de caillasse de temps à autre, pourquoi se priver de tenter l’expérience ?