Se retrouver plongé dans l’univers de son œuvre favorite, un rêve que tous les enfants ont fait un jour en suivant les aventures de leur héros préféré que ce soit sous forme de manga, film ou encore de série télévisée. Un fantasme que va réaliser bien malgré elle Kaori, une fan invétérée de City Hunter, quand celle-ci va perdre tragiquement la vie des suites d’une collision avec un train. Spin-off officiel du chef-d’oeuvre de Tsukasa Hôjô, City Hunter Rebirth nous propose de replonger en plein dans les événements du manga mais la présence inattendue de cette invitée surprise risque de chambouler bien des choses. Ou pas.


city hunter rebirth tome 1

Synopsis

Kaori est une inconditionnelle de City Hunter. Son fantasme est de vivre de grandes aventures aux côtés de son idole, Ryo Saeba. Mais, célibataire à 40 ans et prisonnière d’un boulot ennuyeux, elle commence à perdre ses illusions de jeunesse… Son quotidien morne bascule le jour où, percutée par un train à pleine vitesse, elle se réveille dans la peau d’une lycéenne dans le Shinjuku des années 80 ! Désorientée et à bout de nerfs, elle tente le tout pour le tout et trace le fameux XYZ sur le panneau de la gare…

City Hunter Rebirth est édité chez Ki-oon et est vendu au prix de 7,90€.

Critique réalisée à partir d’un exemplaire fourni par l’éditeur.


Fortement populaire au Japon depuis plusieurs années, le genre isekai, un terme que l’on pourrait traduirez par « autre monde », repose essentiellement sur le même postulat. Un individu banal, à la vie plus ou moins ratée, tout du moins selon la personne en question, et qui va subitement se retrouver projeté dans un autre univers où il pourra repartir de zéro et enfin trouver un sens à sa vie. Prenant place traditionnellement dans des univers univers médiévaux fantastiques comme dans Moi, quand je me réincarne en Slime ou Sword Art Online, le genre s’est par la suite développé au point de mettre en scène des histoires originales se déroulant dans l’univers de séries cultes du manga comme par exemple Dragon Ball Extra – Comment je me suis réincarné en Yamcha.

Plus question cette fois-ci d’envoyer un individu lambda dans un univers inconnu. Notre héros, ou plutôt héroïne dans le cas présent, se retrouve plongé en plein dans son manga favori et va revivre par la même occasion des événements réellement narrés dans l’oeuvre d’origine. Pas la peine, donc, d’espérer de voir Ryô Saeba au cœur d’une intrigue inconnue dans ce City Hunter Rebirth. Les péripéties se déroulant sous nos yeux sont déjà connues de tous et les fans de la première heures s’identifieront immédiatement à cette femme qui s’émerveille à chaque instant de voir « en vrai » ce qu’elle avait lu un nombre incalculable de fois en manga. Même si le titre parlera également à ceux ayant vaguement des connaissances sur City Hunter, le manga perdra quand même pas mal de sa saveur tant la fonction première de celui-ci est d’être un pur condensé de fan-service.

Extrait de la version japonaise

Pas de surprise à attendre, donc, hormis les quelques aléas inhérents à la présence de cette invitée surprise dans le récit narré par Tsukasa Hôjô il y a de cela 30 ans. Mais au final, ce n’est cela que l’on cherche quand on se plonge dans un titre comme City Hunter Rebirth. En mettant en scène une fan lambda de 40 ans, le manga n’a pas d’autre vocation que de parler à ceux qui, comme elle, on grandi au contact de Nicky Larson, pardon, Ryô Saeba. Des personnes qui auront peut-être perdu de vue leur héros favori au fil des années mais qui prendront un délicieux plaisir de croquer à nouveau, tel une madeleine de Proust, dans ce Shinjuku fantasmé des années 80.

Sa première rencontre avec ses héros, ses efforts pour ne pas perturber le bon déroulé des événements… Bien plus important que l’histoire qui se déroule une nouvelle fois sous nos yeux, c’est bien l’attitude et les émotions ressenties par cette fan, qui pourrait être nous, qui constitue tout le sel de ce spin-off. Sans véritablement autre prétention que d’offrir un parenthèse de douce nostalgie aux amoureux du manga de Tsukasa Hôjô, City Hunter Rebirth ne tombe pas cependant dans les travers de la production fast-food destinée à engraisser facilement le compte en banque d’un éditeur en recherche de liquidités. Supervisée par le mangaka en personne, le titre reprend parfaitement le cocktail émotion/action/humour de l’oeuvre d’origine tout en bénéficiant d’un dessin d’une fidélité bluffante. Quand en plus le travail est bien fait, il serait vraiment dommage de ne pas se laisser tenter.

city hunter rebirth
City Hunter Rebirth
Note des lecteurs3 Notes8.2
Les plus
Du fan-service de qualité
Très respectueux de l'oeuvre d'origine
On s'identifie pleinement à l’héroïne
Les moins
Sans grande surprise
7
Bon
En deux mots
En nous faisant revivre les événements de City Hunter par le prisme d'une fan propulsée dans l'univers de son manga favori, City Hunter Rebirth parlera immédiatement aux inconditionnels de l'œuvre issue de l'imagination de Tsukasa Hôjô. Certes sans véritable surprise au niveau du scénario, mais cela est inhérent à son postulat de base, le manga n'en reste pas moins un titre d'une qualité faisant honneur au manga d'origine grâce à un dessin d'une grande fidélité et un fan-service maîtrisé.