Adepte des récents dérangeants mettant en scène des adolescents coincés dans des situations plus ou moins malsaines, Shuzo Oshimi revient avec Les Liens du Sang, un titre narrant l’histoire d’un collégien victime de sa mère bien trop protectrice.


les liens du sang ki-oon tome 1

Synopsis

Vue de l’extérieur, la famille du jeune Seiichi est des plus banales : un père salarié, une mère au foyer, une maison dans une ville de province… L’adolescent va à l’école, joue avec ses amis, est troublé quand il pose les yeux sur la jolie fille de la classe. Tout est normal… ou presque. Il ne s’en rend pas compte lui-même, mais sa mère le couve beaucoup trop. Seiko traite encore son fils comme un bébé et, avec un mari toujours absent, son monde est d’autant plus centré autour de Seiichi. Ce dernier est incapable de résister : il se laisse lentement emprisonner dans le cocon. Trop jeune, il ne décèle pas la folie cachée derrière l’amour maternel. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard…

Les Liens du sang est édité chez Ki-oon et est vendu au prix de 7,90€.

Critique réalisée à partir d’un exemplaire fourni par l’éditeur.


Shuzo Oshimi n’est pas vraiment ce qu’on peu appeler un auteur adepte des récits enjouées. Après avoir narré l’histoire d’un collégien introverti en proie à ses pulsions (Les Fleurs du Mal), raconté le cas d’un jeune homme se retrouvant de la corps de la fille qu’il épiait (Dans l’intimité de Marie), puis enfin traité du mal être adolescent au travers du mythe du vampire (Happiness) l’auteur s’est cette fois lancé dans un récit traitant des relations toxiques entre mère et enfant.

Les Liens du Sang nous plonge ainsi dans le quotidien d’un adolescent lambda du nom Seichi. Collégien comme il y en a tant, Seichi est un de ces jeunes garçons comme il y en a tant et dont les journées sont marquées par les cours, les sorties entre amis et les premières amourettes avec le sexe opposé. Bref, une vie en apparence aussi paisible que banale, d’autant plus que sa mère aimante, du nom de Seiko, semble lui apporter toute l’affection dont il a besoin. Voir même un peu trop, même s’il ne semble pas le remarquer au premier abord. A moins qu’il ne veuille tout simplement pas admettre la vérité.

Les liens du sang ki-oon extrait

Car tout comme Seichi, le lecteur ne va pas tout de suite remarquer l’attitude toxique de la mère envers sa progéniture. Toute la première partie du tome, soit tout de même un peu plus de 110 pages, nous montre en effet un quotidien sans véritable élément troublant. Certes, le côté un peu trop tactile de Seiko peut paraître quelque peu dérangeant alors que le Japon est un pays où la pudeur est de mise, mais rien ne laisse véritablement imaginer que celle-ci puisse avoir un comportement toxique envers sa progéniture. En fait, c’est essentiellement par le biais des remarques des personnes extérieurs que l’on commence à distinguer l’attitude toxique de Seiko. Des indices laissés ça et là et ponctuant une première partie de volume où l’on attend que le twist scénaristique arrive pour donner de l’ampleur au récit.

Ce revirement, il apparaît enfin dans les toutes dernières pages. Il serait malvenue de le dévoiler ici pour des raisons évidentes de spoiler mais celui-ci donne une orientation au récit que l’on avait pas forcément vu venir. L’ambiance, qui jusque là se contentait de devenir petit à petit assez malaisante, devient brusquement étouffante face à la folie de Seiko désormais exposée au grand jour. Une atmosphère sublimée par le dessin du mangaka et son excellent travail sur les expressions faciales. Bref, quelques pages totalement folles concluant un tome qui aura mis du temps à captiver, mais qui suffisent amplement à nous donner envie de découvrir ce que réserve Les Liens du Sang pour la suite.